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Calligraphe : un monde nouveau

Face à la feuille blanche, le calligraphe est comme devant un univers, une réalité très forte. Son travail consiste non seulement à matérialiser sa pensée, ce monde qu’il porte en lui, mais aussi à respecter l’harmonie de la feuille, ce qui y existe, en acte (une unité parfaite) et en puissance (une vie foisonnante de noir et de blanc).

Il est important qu’il y ait harmonie entre l’univers et ce qui l’emplit, et que l’artiste sache percevoir cette harmonie. D’une certaine manière, elle précède l’acte créateur, et la tâche de l’artiste, qui voit l’œuvre venir sur la feuille blanche, est de la manifester pour que le monde la connaisse. On pense à Mozart, qui disait entendre toute sa symphonie en une fraction de seconde, avant de l’écrire comme sous la dictée. Du reste, beaucoup d’éléments rapprochent la calligraphie de la musique que des arts plastiques : les caractères sont comme une gamme de notes, l’épaisseur du trait indique le rythme, croches, noires ou blanches, et l’oeuvre dans son ensemble peut être lue comme une partition, en suivant du regard le chemin parcouru par le pinceau, en imaginant le geste rapide du calligraphe lui imprimant le tempo, comme un chef d’orchestre avec sa baguette. L’œuvre achevée s’entend plus encore qu’elle ne se voit. D’ailleurs, elle peut se lire, il y a la sonorité du caractère, la musique du poème. Peut-on ainsi chanter une aquarelle ?

Les formes idéales que désire le calligraphe, il les manifeste de façon nouvelle, mais elles existent déjà. Il les découvre par une attention permanente aux choses, au ciel, aux arbres… Toutes ces formes idéales existent dans la nature, mais il faut savoir les y découvrir, et les dire de façon que chacun puisse en prendre conscience.

Enfin l’œuvre est libre et ne dépend que d’elle-même. Pourtant, elle ne parle qu’à condition de ne pas être seulement une explosion, mais aussi quelque chose de beau. La calligraphie est, aussi, un art. Cet aspect esthétique est particulièrement important pour que cet art soit perceptible de façon universelle. L’harmonie de l’œuvre dans son univers, entre les lignes de plus ou moins grande force, entre les blancs et les noirs, est comme une symphonie, et le moindre déséquilibre y serait comme une fausse note disqualifiant l’ensemble.

Extrait du livre de Shingai Tanaka et Benoît Rengade, Shô – Calligraphes de Kyoto.

 

[box size="large" style="rounded" border="full"]Du 28 juin au 29 juillet 2013, l’Académie autonome d’aikido Kobayashi Hirokazu organise une exposition des peintures de Tanaka Shingai à la Maison du Châtelet, Bourg-Argental.
Le vernissage de l’exposition aura lieu le samedi 6 juillet à 19h.[/box]

 

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