Sengoku_period_battle

Mont Hiei, septembre 1571

Le sohei courait à perdre haleine. Son armure de combat passée sous ses habits religieux le gênait pour distancer ses poursuivants. Dans sa main droite, la lourde naginata entravait sa course, et il devait s’assurer régulièrement de ne pas la laisser tomber en trébuchant sur les sentiers abrupts qui conduisaient au temple principal. Partout autour de lui, il voyait d’autres moines aux prises avec des soldats supérieurs en nombre et beaucoup de religieux périssaient rapidement sous les coups des envahisseurs. Quand il arriva en haut de la colline, il s’aperçut que les troupes du clan Oda étaient déjà au cœur du temple. La principale salle de prières était en feu et de gigantesques flammes dévoraient les piliers massifs et les auvents du toit. D’autres bâtiments en arrière plan étaient aussi en feu et de lourdes fumées noires s’élevaient dans le ciel sans nuages.
Le moine entendit le groupe de soldats se rapprocher. Peu habitués à se mouvoir sur un terrain en pente abrupte sur lequel l’ensemble des temples étaient bâtis, les soldats cherchaient désespérément à retrouver leur souffle. Parfaitement à l’aise dans cet environnement, le moine en profita pour s’échapper, mais après quelques pas, comprit que sa fuite était sans issue. Un groupe de trois cavaliers l’avait aperçu et galopait déjà vers lui. Ils avaient abaissé leurs lances et se préparaient à l’attaquer de trois directions différentes. Le moine se mit en position de garde, et leva sa naginata au-dessus de sa tête, la lame dirigée vers le cavalier le plus proche. Quand celui fut à portée, le sohei pivota d’un quart de tour et abattit sa lame sur lui. Surpris par cette manœuvre, le cavalier essaya de se protéger mais avant de pouvoir effectuer un geste, il fut projeté hors de sa monture par l’incroyable puissance du coup. Quand il atterrit sur le sol, il était déjà mort.

Le moine n’eut pas le temps de contempler sa victime, le deuxième cavalier l’attaquant déjà par l’arrière. Le long entraînement qu’il avait reçu depuis des années lui sauva la vie. Par réflexe, il se jeta en avant et roula sur le sol, échappant de peu à la lance meurtrière du cavalier qui siffla au-dessus de sa tête. Le guerrier avait balayé l’espace devant lui avec son arme dans l’espoir de toucher le moine. Mais entraîné par la vitesse, il se trouvait à présent à découvert et son adversaire en profita immédiatement. La lourde naginata décrivit un arc de cercle parfait et vint frapper le flanc du cheval et la jambe droite du cavalier, laissant d’immenses plaies sanguinolentes. Sans un cri, la monture et le soldat s’effondrèrent dans la poussière de la cour du temple.

Le sohei se releva rapidement pour affronter le troisième cavalier qui avait abandonné sa lance et dégainé son sabre pour le faucher. Le moine se remit en position, sa naginata fermement tenue au dessus de sa tête. Ses yeux ne quittaient pas le cavalier qui fonçait déjà sur lui. Il essayait de déterminer quelle allait être la meilleure façon d’éviter le sabre. Mais au moment où il s’apprêtait à changer de position…

Extrait du livre de Charles Pierre Serain

Oda Nobunaga (Chapitre 5 : La rivière de feu)
Image : http://www.sho-shin.com/rai2.htm

 

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